Pourquoi ai-je cet engouement pour l’écriture ? J’ai pensé répondre à cette question parce que finalement aussi passionnés ( ou pas ) d’écriture que nous sommes nous
ne la percevons pas pareillement.
Pour ma part, oui l’écriture est exutoire, thérapeutique, un besoin vital de me dire pour me sentir mieux. Oui j’ai ce
rapport émotionnel, vital aux mots qui fait que je ne vais jamais vers mes fichiers que par besoin, une envie frénétique de droguée en manque qui doit absolument prendre sa dose pour se sentir mieux, se calmer. Aligner des mots, déverser des angoisses, cracher des colères, régler des comptes avec
les autres ou moi-même, il faut que j’y aille de mes états d’âme. J’aime les mots, j’aime m’en servir éloquemment quand je peux. Oui quand je peux car parfois je ne le peux. Dans mes purs moments
de bonheur je n’éprouve pas une grande envie de m’écrire ou d’écrire tout court. Quand je crée il faut que mes personnages soient moi, il faut qu’il y ait une bonne partie de moi en eux pour que
ça ait de la consistance, que je puisse les faire exister, les rendre vraisemblables et vivants, les rendre touchants et émouvants.
Effet cathartique dit-on et j’adhère. Oui écrire pour moi c’est sortir mes profondeurs obscures, m’en débarrasser, les vomir parfois. Exorciser mes pensées, mes émotions, mes angoisses latentes.
Parfois écrire rime avec accouchement aux forceps tellement c’est dur, éprouvant. Et parfois la force des émotions fait que les mots coulent comme un flot, une logorrhée qui noircit des pages et
des pages avec une fluidité surprenante voire surhumaine. J'écris avec mes émotions.
En somme je suis une adepte du propos de Simone de Beauvoir dans Tout compte fait, elle
dit : « Les gens heureux n’ont pas d’histoire. C’est dans le désarroi , la tristesse , quand on se sent brisé ou dépossédé de soi même qu’on éprouve le besoin de se raconter
»
Par Fée Réelle
-
Publié dans : Autofiction
1
-
Recommander
Hier une simple pensée m'a frappée, terrifiée. Je me suis subitement dit : il est terrible le nombre de personnes seules à travers le
monde et qui souvent le soir se retrouvent par milliers à surfer sur leurs PC , sur les sites communautaires, à échanger, à écrire, à parler sur les forums avec le même but commun: rompre sa
solitude. SOLITUDE, le mot a résonné dans ma tête et j'ai perçu toute la gravité de sa dimension.
Certes, on vient tous ici avec des motivations aussi diverses que différentes, mais je pense bien que la raison commune
demeure la solitude, elle peut être réelle quand la personne vit réellement seule et elle peut être morale quand la personne même entourée a un vide qu'elle cherche à combler en communiquant, en
échangeant avec des étrangers......Cela reste la réalité des temps modernes et une réplique comique de Gad Elmaleh reprend subtilement cela: "C'est grâce au progrès qu'on ne communique plus" ( il
jouait le rôle de son grand père Yahia : ses enfants lui ayant acheté un téléphone portable ne vont plus le voir ).
Oui, l'on est seul et c'est vers les PC que l'on court une fois rentrés chez soi, vérifier ses mails, ses messages,
regarder qui est connecté sur la messagerie instantanée....et passer des heures face à ce PC à parler à des inconnus aussi seuls.....On oublie de vivre? Ou est-ce fuite vers le virtuel? Un
virtuel qui - comme l'a si bien souligné un ami virtuel ce matin- nous influence car notre dimension humaine fait que l'on s'attache à certaines personnes croisées sur la
toile.
On vit dans un monde où l'individu est bouffé par son quotidien, à force de courir dans tous les sens l'on prend pas le
temps de découvrir les personnes intéressantes que l'on peut croiser dans la vie réelle. Ce temps là on le prend une fois chez soi et face à un écran, triste constat. Triste monde. Triste
modernité. L'indifférence d'autrui on en souffre parce que noyés dans la masse et le moyen de s'y soustraire en affirmant son individualité est aussi bien ce virtuel où souvent des personnes nous
intéressent alors que dans la réalité on ne leur accorderait même pas une minute de notre temps.
Je crois bien qu'on est là face au mal du siècle: les grandes solitudes dues à la dislocation du moi dans le tintamarre
universel
Par Fée Réelle
-
Publié dans : Autofiction
0
-
Recommander
- Ouais bon et maintenant t'arrêtes de stresser ouais!
- Non je stresse pas, enfin si un peu quand même. Je laisse tout, je balance tout et je pars vers autre chose, un autre
rivage. J'aurais jamais cru en arriver là moi qui ai toujours ri au nez des fuyards me voilà sur leurs pas. P'tin j'y crois pas encore.
- Arrête enfin, tu ne fuis pas t'y vas avec des objectifs bien précis et dans un super cadre qui va te permettre d'avancer
dans la vie et surtout de vivre quelque chose d'exceptionnel, tu vas faire de chouettes rencontres et c'est génial tout ça non?!
- Ouais bien sûr, c'est indéniable, m'enfin je vis quelque chose de très bizarre, j'ai l'impression que le cours de ma vie
m'échappe, je ne contrôle plus rien. En septembre encore je ne projetais pas de quitter ma vie d'ici, il a suffi que l'idée m'effleure l'esprit et le destin a mis le train en marche à une vitesse
qui m'a empêché d'en faire autrement. Je suis spectatrice de la mutation de ma vie et autant ça me grise ça m'effraye. Quelle bizarre sensation!
- Allons, il n'en sortira que du bon pour toi, t'inquiète, t'es tellement brillante. Je suis sûre que tu réussiras et la
seule chose que je redoute est de te perdre si jamais tu décides de ne plus rentrer. Tu me manqueras trop tu sais.
- Merci à toi, tu me manqueras aussi m'enfin t'oublies le net ou quoi? On sera constamment en contact, au gré de ma
disponibilité bien sûr et de la tienne aussi va. Rentrer? Je mettrai pas la charrue avant les bœufs mais quand je pense que le déclencheur de cette entreprise que j'ai fait c'était quand même la
connerie de mon chef? son incompétence et tout le toutim, j'ai une rage impensable et c'est pas sous le coup de cette immense colère que je pourrais te répondre au sujet de mon retour un jour. Ma
famille me manquera trop.....je préfère ne pas trop y penser
- Autant je suis contente pour toi, autant je suis triste de ton départ, c'est une vraie perte pour nous et pour ceux qui
apprennent beaucoup avec toi à chaque année universitaire. Et ta bonne humeur, tes délires lors des pauses café entre deux cours, tout ça nous manquera tu sais. Mais d'un autre côté je suis ravie
que tu puisses aller t'épanouir ailleurs, saisis ta chance, t'es de taille.
- Je me sens bizarre, et je suis tellement prise dans le tourbillon du travail que j'ai même pas le temps de trop y
penser. M'enfin je me jette à l'eau j'ai plus trop le choix, j'ai bien envie de relever ce défi, les challenges ça me connait surtout dans le domaine de l'écriture, des mots, des discours......On
va voir ce que ça donnera, ce que ça vaudra aussi, à moi l'aventure.
- Allez viens là que je te fasse un gros câlin, t'es la meilleure, j'en ai jamais douté.
Par Fée Réelle
-
Publié dans : Autofiction
1
-
Recommander
Je me suis creusée la tête à chercher ce que je pourrais bien raconter, je me suis donc rappelée d'une histoire qui m'est
arrivée, je dirai même que c'est loin d'être un souvenir agréable. Je vous raconte:
Imaginez un peu la belle opportunité qui se présente à vous à 25ans, débutant votre carrière en grande ascension et l'on vous fait tellement confiance que c'est vous qu'on élit pour une mission
professionnelle en Amérique. Enfin je parle du continent américain car la mission en question devait être un séjour professionnel au Canada.
Très contente mais un peu effrayée de devoir affronter un long séjour si loin de chez moi, pourtant très enthousiaste et flattée de représenter l'Algérie dans un séminaire international. Alors
après une longue et stressante préparation ( à gérer aussi les moult contraintes que vous connaissez ) enfin le voyage. Embarquement très tôt d'Alger à Paris Charles de Gaulle , changement rapide
de terminal et course avec la montre pour ne pas louper la correspondance vers Montréal. Une fois dans mon avion vers Montréal cela a été ( malgré toutes les distractions imaginables : films,
bouffe distribuée chaque deux minutes, ....) le voyage le plus long et le plus ennuyeux jamais eu: au bout d'un moment j'en ai eu marre de ne voir que des nuages de mon hublot et durant des
heures ( 8 heures ) quelle fut ma joie quand j'ai commencé à entrevoir l'océan ou même des bouts de terre de loin. Jusque-là rien de bien spécial!!
On arrive enfin sur Montréal et j'ai failli bondir de mon siège et voler embrasser le commandant de bord lorsqu'il a annoncé l'atterrissage. On débarque à l'aéroport, et après les formalités de
débarquement, arrivée au "carrousel" ( ce qui signifie chez eux tapis roulant ) j'attends ma valise comme tout le monde fatiguée et contente mais surtout insouciante de ce qui m'attendait. Je
voyais les voyageurs prendre leurs bagages un à un et moi j'attendais encore le mien. Au bout d'un moment mon sang a commencé à se glacer il ne restait plus grand monde et ma valise n'arrivait
toujours pas. Il m'a fallu du temps pour réaliser le cauchemar qui allait commencer: ma valise n'était pas arrivée, je l'appris quand j'ai du l'admettre et signaler au service des bagages qui me
dit que mes affaires étaient restées sur Charles de Gaulle alors que je prenais mon avion sur Montréal. On me dit de revenir à l'aéroport le lendemain car ma valise viendrait dans le même vol,
mais je ne le pouvais pas car je devais partir le soir même sur Ottawa où j'étais attendue. On me dit de donner l'adresse de ma résidence à Ottawa et que ma valise allait m'être envoyée par les
services d'Air Canada. Je dus me résoudre à partir donc encore en voyage par bus cette fois vers Ottawa et avec pour seul bagage un sac à main dans lequel je n'avais que mes papiers, mon argent
et ma trousse de maquillage.
J'arrivai à Ottawa crevée, je vais à ma résidence, j'occupe le studio qui m'étais réserve et mon seul souci était de ressortir m'acheter à manger avant de me doucher et dormir. Notez juste que
j'avais pas ma valise: donc pas de vêtements frais pour me changer ni mes affaires de toilette aussi. Le lendemain à la première heure j'appelle les services d'Air Canada et on me dit de rappeler
dans la journée. Entre temps je sors m'acheter des affaires de toilette car dans l'après midi j'avais une réception avec les autres membres et participants du séminaires, il fallait que je sois
présentable même si je devais les voir dans le jean de la veille. Je rappelle Air Canada et rien , je rappelle en fin de journée et rien. J'assiste à ma réception et je pose le problème aux
organisateurs qui se proposent aussi de les appeler, mais rien n'y fait. Le lendemain premier jour du séminaire, je résolus d'acheter des vêtements, ça urgeait! Entre temps je harcelais toujours
les services d'Air Canada et mon ton devenait peu amène car j'en étais arrivée aux menaces de les attaquer en justice ( si si je l'ai fait ). Devinez combien de temps je dus attendre cette valise
? ( en fait franchement, je ne l'attendais même plus et je me suis offert des fringues en regrettant amèrement de ne pas avoir pris mon sac à main et mon chemisier préférés en bagage à
main......).
QUATRE jours les amis, eh oui quatre longs jours et le quatrième jour alors que je m'éclatais en séminaire: le programme était tellement riche et prenant, le groupe tellement génial et
multinational que j'oubliai ma valise. Je rentre le quatrième soir à mon studio, je me douche et je me prépare à dormir quand le tel sonne: je décroche : "Allô! c'est la réception, vous attendiez
une valise?" Je bégaye presque en disant "Ouuuui!" , "Ok! votre valise est arrivée madame", je saute de mon lit, je me rhabille vite fait, je sors en trombe et je prends l'ascenseur le coeur
battant. J'arrive à la réception avec la rage d'étrangler l'employé d'Air Canada ( qui a pris le soin de dégager avant mon arrivée car sachez que s'il avait dépassé 00h00, on aurait été au
cinquième jour sans ma valise, j'aurais eu droit à une indemnité, et lui avait débarqué à 22H.....). Donc je vais droit vers la réceptionniste, je lui dis que c'est moi, elle me dit de passer
prendre ma valise derrière le comptoir, dès qu'elle m'ouvre la porte, je regarde ma valise et lui dis "Oh! ma valise, j'ai envie de l'embrasser" et la réceptionniste -canadienne anglophone qui
parle un français approximatif - à qui je racontai ce qui m'est arrivée ne trouve rien à dire à part "Oh! my god!". Je remonte à mon studio avec ma valise, ma pauvre valise malmenée par les
bagagistes et dont les contours sont tout abimés, dés que j'arrive mon premier geste a été de l'ouvrir et de retrouver toutes mes affaires que j'avais si soigneusement pliées à Alger, elles
étaient toutes froissées j'en ai eu les larmes aux yeux. Que d'émotion! Ma foi un vrai cauchemar que de rester sans ses affaires quatre grands jours alors que vous êtes au bout du monde pour
vingt jours et dans une mission professionnelle qui exige des tenues correctes.
Depuis ce jour là, vous ne pouvez imaginer l'état dans lequel je suis en attendant ma valise lorsque je voyage. Le coeur qui bat et la peur de ne pas la voir arriver me hante. Pour finir
l'anecdote sachez que quand je suis rentrée du Canada je pris mes dispositions: je mis que des choses et affaires inintéressantes dans le bagage à soute et tout ce qui m'importait dans le bagage
à main. Arrivée à Alger bien sûr ma valise était encore une fois restée à Charles de Gaulle ( je m'y attendais, j'avais juré qu'on m'y reprendrait plus) et c'est avec un sourire narquois que je
dus signaler ça au service des bagages d'Air Algérie qui m'a affirmé qu'elle arriverait dans le vol du lendemain ( en effet ce fut le cas car au final le problème c'était le temps court que je
restais au transit et qui ne leur permettait pas d'acheminer les valises dans l'avion de la correspondance).
Par Fée Réelle
-
Publié dans : Autofiction
0
-
Recommander
Derniers Commentaires