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Autofiction

Dimanche 26 octobre 2008
Je marchais la tête ailleurs noyée dans mes soucis comme d’habitude.

Si seulement on pouvait matérialiser les pensées. On serait sûrement horrifiés, terrorisés. Un télescopage d’idées hétéroclites qui se superposent les unes aux autres. Un ensemble de sentiments, d’émotions, de personnes, de décisions, d’âneries, …, c’est ça nos pensées. Mais c’est avant tout des mots, un réservoir de mots.

Je marchais donc en cogitant sans voir les passants que je croisais sur Alger, je ne prêtais attention à rien et à personne. Plongée dans mes angoisses je filais droit sur le trottoir quand sur ma droite une petite masse humaine assise à même le sol attira mon attention. La démarche rapide, j’eus toutefois le temps de voir que c’était une femme âgée, ridée, recroquevillée et voilée par une espèce de drap gris avec lequel elle se couvrait du froid. Un poignard dans les entrailles m’eut fait moins mal que cette vision à ce moment là. J’eus mal au cœur et les larmes me montèrent instantanément aux yeux. J’eus mal pour elle et j’eus honte de moi. Brusquement, la vie me parut dérisoire, traîtresse et si futile.

J’avais 19 ans, j’étais pleine d’idées, d’ambitions, de vie. Je me noyais dans des soucis qui me parurent d’un coup bêtes et sans importance. L’état de cette vieille femme me bouleversa, me renversa. Je ne pus faire demi tour, je n’osai même pas lui parler ou lui donner une pièce. Ce que je sentis me hanta toute la journée à l’époque. Cela me hante encore puisque je l’écris sans en avoir oublié le poignant et l'émotion.

 C’est horrible, pensai-je, d’être vieille et démunie et d’être dans la rue quand notre place est dans la chaleur d’un foyer familial.
Par Khandjarette
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Dimanche 19 octobre 2008

Je me vois dans la maison de mon enfance, celle qui m’a vue grandir. Assise dans notre jardin d’alors, je reliais par un fil et une aiguille les fleurs de jasmin que j’avais cueillies et que ma grand-mère m’avait appris à aimer. Je lui faisais justement un collier de jasmin. En ce temps là, pendant les vacances d’été, alors que toute la maisonnée dormait, on était les seules, Mima et moi, à nous lever à 7h et à prendre notre café ensemble dans le jardin. Il faisait un peu frisquet ou comme elle me disait en taquinant ma frilosité « Mais non ma chérie c’est juste du  « frichko ». Elle avait toujours cette habitude d’aller ramasser les fleurs de jasmin et de les mettre sur la table du petit déjeuner. J’adorais prendre mon café en sentant le doux  parfum qu’exhalait « el yasmine » ( de son nom arabe). Mima sirotait son café d’une main et snifait quelques unes de ces pétales blanches qu’elle gardait au creux de l’autre main.

 

  J’ouvre les yeux, il est 8h00 ! Minceeeeeeee il est tard ! Bonjour la galère pour arriver à l’heure.

Je fais ma toilette à la diable en écoutant des nouvelles accablantes sur BFM radio. Bien entendu avec la crise financière  c’est l’apocalypse now à croire les journalistes qui font, et surtout défont, le monde dans un jargon que je n’entends que d’une oreille distraite en me brossant les dents.

Qu’est ce que je mets, qu’est ce que je mets ?! Merde, j’ai plus le temps, je m’empare d’un jeans et d’un chandail gris à capuche que j’enfile à la hâte. J’allume mon ordi avant de mettre la cafetière en marche. Il faut que je transfère mon travail de la veille sur ma clé USB. Je fais tout ça à quatre mains.

 

Quelle gymnastique ! J’avale mon café en moins de deux, j’attrape mon sac et go pour le monde de brutes qui m’attend !

 

Même plus le temps de rêver dans ce monde de fous

 

Par Khandjarette
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Jeudi 4 septembre 2008

Qu’est ce qu’un ramadan sans l’appel du muezzin du meghreb ?

Je dirai que c’est un ramadan sans goût, sans saveur

Qu’est ce qu’un ramadan sans la famille, les rires, les boutades et les taquineries entre frères et sœurs autour de la table ?

Je dirai que c’est un ramadan sans ambiance et surtout sans chaleur

Qu’est ce qu’un ramadan avec une pause déjeuner qui concerne une majorité à l’exception de soi-même ?

Je dirai que c’est un ramadan dur dur    

Qu’est ce qu’un ramadan sans les prises de tête à l’algérienne dans la rue pour un oui et pour un non?

Je dirai que c’est un ramadan terne et pas drôle du tout (lol)

Qu’est ce qu’une chorba de ramadan sans le contexte qui va avec ?

Elle a un goût de cendre


Nostalgie! Nostalgie!



Par Khandjarette
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Samedi 16 août 2008

                                       (….)

 

-          Tous ces émigrés t’as vu comment ils sont ? Des êtres bâtards ! Toute leur vie se résume en un va-et-vient entre deux mondes qui les ont engendrés et abandonnés ou qu’ils ont abandonné. S’ils refusent l’intégration, leur lot est la perte de soi dans un fatras flou, brisé, fragmenté, effiloché, vrillé.

 

-          Hahaha, intégration dis-tu?  Tu veux dire quoi ?! Laissons tomber ces termes galvaudés de mecs en costards. S’intégrer, un mot qui me fait bien marrer.

Quand t’es black ou basané, que tu veux t’I N T E G R E R, attends que je te dise quoi faire :

 

1-      D’abord dompter ta langue. C’est à coups de fouet que tu dois chasser un accent qui ne doit plus jamais te trahir publiquement. Ta langue maternelle, tu dois oublier que t’en as eu une un jour, oublier même que t’aies eu une mère parfois.

 

      D’ailleurs la coupure avec ta famille du bled est recommandée si tu n’as pas envie de te faire remarquer en voyant débarquer chez toi des membres avec leur accent de blédards et que ça te foute la honte avec tes voisins xénophobes en t’attirant leurs foudres ou – le pire pour toi - leur rejet.

 

2-      Plus de religion ni même de croyance, il faut être athée comme tout le monde. Donc t’oublies que t’as un Dieu aussi. Du coup, si t’es musulman, plus question pour toi de te distinguer d’un groupe en choisissant ta viande hallal, en refusant du porc dans ton assiette ou même de l’alcool dans ton verre. Cela risque de te faire marginaliser, je sais ce que je dis.

 

      Dionysos et Epicure sont tes nouveaux Dieux à vénérer sans modération !

 

3-      Plus question aussi de s’habiller suivant ta culture, mais que dis-je pardi! A ce stade là tu n’en as plus une. Bah, désormais, ton mode vestimentaire sera le dictat de ton environnement d’adoption.

 

Tu te vois en black débarquer à une réunion de travail en boubou ou en sarouel ? Pire ! te présenter à un entretien d’embauche habillé comme cela, c’est te griller d’avance. Ce n’est déjà pas facile de porter un nom comme N’gaou, Diouf ou Diambingala….Si en plus tu débarquais en costume exotique, t’es dans la merde vieux !

 

4-      Surtout pas d’antenne parabolique sur ton balcon, mec tu ne dois jamais révéler ton identité par des « signes ostensibles » - j’allais dire de religion pour citer des connards, ah, je voulais dire zonnards enfin tu m’as compris- donc tu ne dois pas regarder des chaînes télévisées de chez toi et bien sûr ne pas le montrer si ça arrive.

 

Récapitulons :


S’intégrer signifie effacer du mieux que tu peux la couleur de ta peau en oubliant qui tu es, ton passé, tes ancêtres, leur culture, leur langue, leurs combats. Devenir un blond d’esprit mec! Ton identité ? A la poubelle, enterre là, il faut l’euthanasier.

Enfin, ton disque dur doit absolument afficher « Formatage réussi ! » sinon t’es dans la merde jusqu’au cou, c’est la triste réalité.

 

 

(….)

 

                                                                                                 

Par Fée Réelle
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Lundi 4 août 2008
Le TGV avalait les kilomètres, je regardais mon image projetée par la vitre en essayant de rattraper mes pensées vagabondes. Rattraper des pensées ! Quelle idée saugrenue !

Avez-vous déjà tenté de maîtriser des pensées ? Les brider, les ligoter, les orienter, les focaliser sur ce qu’on veut en évacuant tout ce qui nous perturbe. Impossible !

Toutes ces idées parasites et indésirables viennent polluer notre esprit et sont toujours là contre notre gré. Je voyais défiler les paysages sans en apprécier les beautés ou les disgrâces. Je voyageais vers la Bretagne mais mon esprit était sous les cieux bleus d’Alger.
Par Fée Réelle
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Vendredi 11 juillet 2008

Depuis quelques années mon travail m'amène à séjourner au moins deux fois par an en France, j'ai donc eu le loisir, et parfois la surprise, de découvrir les français, leur culture, leur mode de vie et leur mentalité... Mais j'avoue que ce qui m'a frappée la toute première fois, et continue encore à me frapper à chacun de mes séjours, c'est la froideur des gens.

 Une démarche rapide dans la rue, toujours à courir. Dans le métro, on a l'impression d'être transparents, ils ont tous le nez qui dans un livre qui dans un journal. Ou alors ils te regardent sans vraiment te voir. J'avoue que ça m'a frustrée, moi la médietrranéenne qui dis bonjour à tous ceux que je croise le matin en allant travailler avec un grand sourire: au boulanger, à la voisine, aux amis....Oui, c'est frustrant de vouloir sourire à quelqu'un qui ne te voit pas. Quand je dis bonjour au chauffeur d'autobus le matin ici en France, il me répond avec une mine d'abord surprise. J'ai comme l'impression que les Français manquent de chaleur humaine. C'est peut être leur mode de vie qui les stresse! Je ne comprends pas.
Par Fée Réelle
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Vendredi 27 juin 2008

Une retrouvaille sur chat avec une amie de fac m’a rappelée à beaucoup de souvenirs de ma vie d’étudiante qui n’est pas si lointaine que ça mais dont je garde de délicieux souvenirs remplis de fous rires et d’insouciance ! Le sujet de ce blog sera un souvenir de l’étudiante effrontée que j’étais, pourtant si sage et si studieuse

En fait, il est vrai que mes études me passionnaient et j’avais la chance de réussir sans être systématiquement assidue car il m’arrivait parfois ( enfin souvent ) de faire l’école buissonnière. Mais en cours je suivais bien, j’intervenais rarement ( n’aimant pas me faire remarquer, sinon sur les copies ). La seule chose qui me faisait horreur et m’insupportait au plus haut point, c’était les profs suffisants pleins d’arrogance, vous les connaissez sûrement aussi ces enseignants qui en rentrant en cours ne disent même pas bonjour à l’étudiant, qui regardent alentour comme en pestant intérieurement d’être là et qui toisent l’étudiant de haut et avec dédain.

En deuxième année de licence j’ai eu affaire à un de ces prétendus détenteurs du savoir suprême ( croyait-il dans sa pauvre ignorance de Docteur en Sémiologie ). Sa réputation l’avait tellement devancé que arrivés à son premier TD , on était déjà terrorisés. Séance de prise de contact, il rentre sans dire bonjour bien entendu. Il se met au bureau, nous à nos bancs, et sans ouvrir la bouche il tire déjà une cigarette, évidemment sans s’excuser ni demander à ceux que ça pourrait déranger, il commence à fumer.

Ensuite, il commence à présenter le module en parlant de généralités, et hop! il interroge une étudiante lui demandant de conjuguer le verbe «Faire » au présent de l’indicatif ( chose que j’ai de suite considérée comme une blague, on était en 2ème année de licence), mais comble de surprise : il a eu raison, elle s’est plantée en arrivant au pronom « vous » et elle a dit « vous faisez » !!! Etant assise derrière elle, je lui souffle la bonne conjugaison, et merde, il m’a vue faire ! De suite il m’a eue sur le collimateur, et s’adressant à moi il dit : « Mademoiselle « Je-sais-tout » veuillez me donner la signification du verbe pallier »,. Dans ma confusion je répondis : « Désolée monsieur, je ne connais pas ce mot », alors il commence à faire un tit exposé sur les étudiants qui s’affichent et qui croient toujours en savoir plus que les autres ( alors que mon intention était loin de me montrer) et qui finalement ne valent rien.

Pendant ce temps moi je marinais, il n’était pas question pour moi de sortir de cette salle sans lui rendre sa monnaie à ce mec qui se permettait de me juger sans me connaître, dusse-je le payer cher, de toute façon je me voyais plus assister à son cours, encore moins décrocher son module ! Alors, une fois qu’il a fini de faire le paon en humiliant du mieux qu’il a pu les étudiants « suffisants » il a commencé à nous interroger un par un sur nos lectures de vacances. L’étudiante qui s’était plantée sur la conjugaison du verbe « faire » a répondu avoir lu la biographie d’Eva Peron. Il pose la question : "connaissez-vous Eva Peron ?" moi pendant ce temps là je chuchotais à ma camarade avoir vu le film Evita et ce prof, un vrai renard, m’a entendue, alors se tournant encore vers moi, il me lance en me défiant du regard : « Et vous mademoiselle « Je-sais-tout » qu’avez-vous lu pendant les vacances ? ». Je n'aurais pas pensé qu’il me tendrait une si belle perche pour lui cracher mon venin, et c’est ce que je fis aussitôt, sans réfléchir , parmi les tonnes de livres avalés en été je n’en sortis qu’un en y mettant le ton appuyé et le regardant bien dans les yeux je dis : « Moi monsieur j’ai lu l’Idiot de Dostoevski », à peine avais-je répondu que toute la classe s'esclaffa ayant saisi la nuance et surtout mon ironie flagrante. Désarçonné, il a fait mine de s’intéresser au roman et m’a demandé de lui conter l’histoire ( histoire de vérifier que j’avais bien lu ), ce que je fis sans me départir de mon assurance, alors il a commencé à vanter les mérites de la littérature russe…..                                                                             

Enfin, à la fin de cette première séance mémorable, je suis sortie pleine de mon triomphe tout en me foutant royalement de ce module qui pour moi était perdu.

A partir de là, ce prof s’est bien tenu à carreau vis-à-vis de moi en cours tout en continuant à rabaisser les autres à la moindre occasion. Grande surprise à la fin de l’année j'ai obtenu son module parmi une tite minorité. Mais ce n'est pas fini : ce prof n’est pas resté longtemps à l’université d’Alger, pour son sale caractère il a quitté l'université pour aller  vivre à Montpellier. La vie a fait que lors d’un de mes séjours à Montpellier je l’ai revu en mai 2006, et figurez-vous, c’est lui qui m’a interpellée par mon prénom ( grande surprise, il avait retenu jusqu’à mon prénom, comme quoi !), et il a tenu à m’inviter à prendre un café …….

Comme quoi la vie est drôle parfois.

Fée en mode Flash back

Par Fée Réelle
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Jeudi 26 juin 2008
Cela fait deux jours, et au détour d'une conversation avec un ami, je me suis rappelée d'une anecdote que j'ai du lui conter, l'idée m'est venue de la reprendre ici. Je dois dire que cette histoire m'émeut un peu par la série de hasards qu'elle recèle. Je vous raconte:

Cela fait plus d'un an je devais partir en formation à Paris en plein mois de novembre. Dans un cadre super sympa, prise en charge par une association internationale qui m'avait reservée un hôtel en plein quartier latin la formation devant se dérouler à la Sorbonne. Quoi de mieux quand on n'a jamais visité Paris, et c'était mon cas. Dés que j'appris que je devais y aller je trépignai d'impatience, j'avais hâte d'être enfin dans mon avion vers cette ville mythique et au même temps j'étais grisée de devoir la découvrir seule et dans un cadre aussi génial: la formation était très intéressante, c'était sur la littérature et culture québécoises.

Le programme de ma formation m'ayant été envoyé et billet d'avion en main, je dus collecter toutes les informations possibles, que je glanai sur le net, sur mes itinéraires et mes déplacements à Paris. Je parcourus le site de la RATP de long en large.

Le jour de mon voyage arrive, mon frère ayant une copine à Paris m'assure qu'elle viendrait me récupérer à l'aéroport d'Orly. J'embarque dans mon avion, le vol semblait être complet, que de monde! Comme toujours je choisis mon siège, et j'étais du côté hublot. Le siège voisin étant vide ( au milieu) et celui du côté couloir occupé par un homme âgé.
L'équipage dut attendre l'arrivée des retardataires et parmi eux se trouvait celui qui allait être mon compagnon de voyage. Je le vis avancer, grand brun et assez charmant et secrétement je me disais: "J'espère qu'il va se mettre à côté de moi". C'est fou mais c'était comme s'il m'avait entendue car oui il est venu se mettre justement sur ce siège du milieu resté inoccupé entre moi et l'homme âgé ( j'appris plus tard -par lui- que c'était quelqu'un qui avait un billet d'avion optionnel, il n'embarquait jamais que lorsque le vol comptait des absents à sa liste de passagers, donc au gré des places disponibles à la dernière minute, du coup le hasard avait fait que sur un vol aussi bondé c'est la place juste à côté de moi qui devait lui être reservé).

Il s'installe et quelques minutes après l'avion décolle. Moi j'observais les nuages à travers le hublot alors que le mystérieux inconnu lisais un magazine tout en me lorgnant en biais d'un moment à l'autre. Je le sentis faire à plusieurs reprises, je pense qu'on se jaugeait en faisant mine de s'ignorer. A un moment il ne tint plus et se tournant carrément vers moi me dit: "Vous allez à Paris pour études?" Faisant la surprise je répondis: "Euh oui et non! En fait j'y vais en formation" Et la conversation s'engagea assez vite, les deux étant sociables c'est fou comment au bout d'un moment on se racontait déjà nos vies. J'appris que c'était un employé d'Air France qui travaillait à l'escale de l'aéroport de Dubai, il passait sa vie entre les gares et les aérogares. Un globe trotteur en somme.
Dés qu'il apprit que c'était ma première fois à Paris, il prit une brochure et commença à m'expliquer, il a commencé à me donner des conseils pratiques sur les visites à faire. Il m'apprit aussi qu'il était de Tlemcen et c'est là qu'on se découvrit des amis en commun , ce fut une réelle surprise pour les deux. Il était marié à une asiatique qui vivait à Paris alors qu'il vivait à Dubai, il rentrait donc chez eux. On a parlé à bâtons rompus on ne vit pas le temps passer lorsque le commandant de bord annonça l'atterrissage. Il continua à me donner des conseils et ne me lâcha pas d'une semelle lors des formalités de débarquement. Il vint avec moi pour récupérer nos bagages, il m'a demandé si on venait me chercher j'ai dit que oui mais que je devais appeler la personne. D'abord il fallait que je recharge mon compte SFR pour appeler je dus aller le faire et il m'accompagna.
Il s'est avéré que la copine de mon frère n'a pu venir me chercher ( eventualité que j'avais envisagée) et il m'a proposé de me montrer comment arriver à la place Saint Michel, il m'a assistée pour l'achat de mon tiquet navette et est venu avec moi attendre celle-ci qui ne venait pas. On a donc papoté et papoté comme de vieux amis ( c'est fou comment parfois le feeling passe aussi vite). La navette arriva, il prit ma valise et vint avec moi me fit monter et n'arrêta pas de me dire "Bonne chance et très ravie de t'avoir croisée... prends soin de toi, vas-y composte le tiquet!..." il ne voulait pas décoller, à un moment je crus qu'il allait monter avec moi. Les portières du bus se refermèrent presque sur son nez. Ce fut la fin d'une si charmante rencontre.  Non, on n'a pas echangé nos coordonnées, pourquoi? Ben il ne m'a pas demandé les miennes et j'en fis autant. Avec du recul, je pense que ce jeune homme devait juste être là à ce moment là pour m'aider, un hasard fou c'est tout.

Je pris donc ma navette jusqu'à Denfert Rochereau et de là je changeai de bus vers Saint Michel. Arrivée sur place je devais juste trouver mon hôtel, mais vers quelle direction aller. Je dus me poster devant une carte electronique ma valise par terre et brochures en main ( une vraie touriste perdue quoi) un monde fou dehors car c'était un dimanche. Et là perdue dans mes recherches il m'arriva une autre chose incroyable: j'entendis derrière mon dos quelqu'un dire d'une assez haute voix
"Hey, mais c'est une fille de Bouzareah!" ( Bouzareah étant le quartier où se trouve mon campus ). Je me retourne les yeux ronds, j'hallucinais ou quoi? Des personnes de ma fac? Là? A Saint Michel? Non!!! Et je me retrouve face à deux visages familiers de ma fac. Je les connaissais et ils étaient à Paris à ce moment là où moi j'étais perdue cherchant ma voie. Aussi surpris que moi ils vinrent me saluer, j'ai du expliquer la raison de ma présence à Paris et eux me racontèrent qu'ils faisaient leurs DEA l'un à Paris 8 et l'autre à Strasbourg et étant juste en week-end chez son copain. Et alors c'est eux qui m'ont indiqué la rue de mon hôtel. C'est aussi grâce à eux que je trouvai plus facilement mon chemin. Je partis à mon hôtel avec une euphorie incomparable: j'avais fait un super voyage, croisé de charmantes personnes et tout s'était bien passé. Ce fut le cas pour le restant de mon séjour: la formation fut formidable, les rencontres belles et enrichissantes et mes visites aussi plaisantes.


Par Fée Réelle
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Lundi 23 juin 2008
Après avoir posté l'article d'hier, aujourd'hui j'ai encore cogité sur ce que m'apporte l'écriture, pourquoi specialement l'écriture? J'ai du passer par le même cheminement que Sartre qui dans son récit autobiographique Les Mots a replongé dans son enfance , ses onze premières années qui, selon lui, ont determiné son destin d'homme de lettres et de philosophe. Je me suis alors posée la même question: qu'est ce qui m'a conduit vers cet amour de la littérature, qu'est ce qui s'est passé dans mon enfance et qui m'a éveillée à cette sensibilité aux mots. Pourquoi? Comment?

A priori, et je pense que c'est un élement essentiel, mon entourage est un entourage instruit: mes parents m'ont initiée à cela. Ma mère m'aidait beaucoup à faire mes devoirs d'ecolière et surtout en langue française. Mon papa lui c'était un conteur de talent qui, rien qu'en nous narrant des histoires rocambolesques, nous amenait à voyager en imagination dans des sphères inimaginables par nos petites têtes à mon frère et moi. Il a été le premier à m'intéresser aux ovnis, je me rappelle même qu'une fois à l'école la maitresse nous avait demandé de faire une rédaction sur un fait insolite et surnaturel. Quelle ne fut sa surprise en nous rendant les copies, (la mienne avec un 18/20 meilleure note) et en voyant que je traitais d'un sujet que mes camarades ignoraient. Donc très tôt, mon imagination a été stimulée par les récits de papa  pendant que maman me faisait aimer la langue française en m'en apprenant les secrets grammaticaux alors qu'elle m'aidait à faire mes devoirs. C'est fou, je me rappelle même que parfois elle me faisait chanter avec ça, sachant que j'adorais la langue quand j'avais tendance à la désobeissance elle me disait qu'elle n'allait plus m'assister pour mes devoirs de français.

Deuxième élément important: la présence des livres dans mon univers d'enfant. Là encore c'est les parents: si maman n'était pas une férue de littérature, elle éplûchait les journaux et lisait tout. Toujours à jour concernant l'actu mondiale et tout ce que contiennnent les quotidiens. Par ailleurs, très tôt, comme on ne partait pas souvent en vacances, quand je m'ennuyais l'été elle m'exhortait, me poussait à lire. Papa quant à lui, s'il ne me poussait pas à lire, il me montrait les merveilles qu'il y avait dans Science et vie, tous les numéros qu'il achetait trainaient partout dans la maison.  Ses livres étaient toujours liés à  la technologie, à la science, la photo ( il en faisait)  c'était un curieux qui aimait la découverte. Enfin, c'est comme cela qu'un jour en plein ennui en été je me suis dirigée vers la bibliothèque poussée par maman: je me suis postée face aux étagères et j'ai commencé à parcourir les titres des yeux: de belles reliures attirèrent mon attention ( c'était des prix qu'eut ma mère à l'école ) et j'en pris une en particulier, elle était rouge et noire, le titre Jane Eyre. Je lus l'incipit, et il m'accrocha: cette petite fille orpheline qui se cachait derrière un rideau pour lire tranquillement un roman alors que ses cousins la persécutaient. Je ne lâchai plus ce roman jusqu'à la fin. Je l'ai lu d'une traite, je ne mangeai ni ne dormis à l'heure. Le monde de la littérature venait de me happer pour ne plus jamais me lâcher. Quel merveilleux monde que celui de ces mots qui me faisaient voyager, et mon premier voyage fut avec ce roman dans une Angleterre du 19e siècle avec une histoire et un contexte qui me fascinaient. C'en était cuit, j'avais attrapé le syndrôme de la lectrice boulimique. Je dus relire Jane Eyre et la bibliothèque familiale devint mon antre, ma propriété, je ne laissais plus personne occuper cette pièce, plus personne approcher ces livres, ce monde qui était mien et dont j'avais pris egoistement possession. Je sautai sur un autre livre et ce fut Mary Wakefield de Mazo de La Roche, l'univers de la famille Whiteoako vivant à Jalna au Canada m'ouvrit ses portes et j'allai d'enchantement à enchantement. Je lus Lady Chatterlay et Lawrence me fascina par la pronfondeur de sa philosophie, un érotisme aussi sensuel que cérébral m'impressionna tellement dans ce roman. Après ce fut la littérature russe et les principaux classiques y passèrent: Dostoevsky ( mon préféré), Gogol, Tolstoi, Tourgueniev, Pouchkine. Après j'eus une période polars et romans d'espionnage: Série noire, Aghatha Christie, Le Saint, Exbrayat, Conan Doyle. Les classiques français....tout passa jusqu'au moment où je lus tout, je me rappelle avoir eu un cafard quand je constatai que j'avais tout lu et qu'il ne me restait plus rien à découvrir. Alors je relus tout. J'avais l'impression que si je venais à acheter d'autres livres qui seraient neufs, ils ne refermeraient pas la même magie, la même beauté, la même euphorie que les vieilles reliures me procuraient. Ce n'est que bien après que cette impression fut détrompée.

Jusque-là j'ai démêlé comment je fus amenée à aimer la littérature, et je passai donc par l'étape de la lectrice boulimique avant d'avoir enfin l'envie de noircir des pages de mes propres écrits. Cette envie je l'eus à 15ans, j'étais en 2eme année de lycée. Bien entendu ce fut en optant pour la tenue d'un journal intime. Je commençai par raconter bêtement  mes journées car elles n'avaient rien de special, mais petit à petit j'écrivais de plus en plus: je commençai à m'étaler sur les détails de mes cours au lycée, de mes états d'âme, de ce qui me taraudait, de mon avenir, de mes études. Mes études ont pris une place importante, prépondérante, essentielle dans la vie de l'ado que j'étais. J'étais une solitaire préoccupée par ses notes et sa réussite scolaire. Le reste du monde pouvait crever que ça m'intéressait pas. Il parait que je ne remarquais même pas ceux qui se pâmaient devant moi. J'étais dans ma bulle: mon univers c'était mes livres, mes études et mes journaux intimes. Ce fut longtemps le cas. Je m'arrête là.

Je pense avoir répondu aux questions posées: si aujourd'hui je suis une passionnée des mots c'est parce qu'à la base il y a eu des personnes qui m'y ont intéressée, ma curiosité et ma grande sensibilité ont fait le reste. Maintenant pourquoi avoir élu refuge dans ce monde, je laisse la question en suspens. Pas envie de rentrer dans des détails tortueux et plus intimes.
Par Fée Réelle
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Dimanche 22 juin 2008

Pourquoi ai-je cet engouement pour l’écriture ? J’ai pensé répondre à cette question parce que finalement aussi passionnés ( ou pas ) d’écriture que nous sommes nous ne la percevons pas  pareillement.


Pour ma part, oui l’écriture est exutoire, thérapeutique, un besoin vital de me dire pour me sentir mieux. Oui j’ai ce rapport émotionnel, vital aux mots qui fait que je ne vais jamais vers mes fichiers que par besoin, une envie frénétique de droguée en manque qui doit absolument prendre sa dose pour se sentir mieux, se calmer. Aligner des mots, déverser des angoisses, cracher des colères, régler des comptes avec les autres ou moi-même, il faut que j’y aille de mes états d’âme. J’aime les mots, j’aime m’en servir éloquemment quand je peux. Oui quand je peux car parfois je ne le peux. Dans mes purs moments de bonheur je n’éprouve pas une grande envie de m’écrire ou d’écrire tout court. Quand je crée il faut que mes personnages soient moi, il faut qu’il y ait une bonne partie de moi en eux pour que ça ait de la consistance, que je puisse les faire exister, les rendre vraisemblables et vivants, les rendre touchants et émouvants. 
 

Effet cathartique dit-on et j’adhère. Oui écrire pour moi c’est sortir mes profondeurs obscures, m’en débarrasser, les vomir parfois. Exorciser mes pensées, mes émotions, mes angoisses latentes. Parfois écrire rime avec accouchement aux forceps tellement c’est dur, éprouvant. Et parfois la force des émotions fait que les mots coulent comme un flot, une logorrhée qui noircit des pages et des pages avec une fluidité surprenante voire surhumaine. J'écris avec mes émotions.

  En somme je suis une adepte du propos de Simone de Beauvoir dans Tout compte fait, elle dit : « Les gens heureux n’ont pas d’histoire. C’est dans le désarroi , la tristesse , quand on se sent brisé ou dépossédé de soi même qu’on éprouve le besoin de se raconter »


Par Fée Réelle
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